Des photos parce que j'aime ça, des commentaires intempestifs, parce que je ne peux vraiment pas m'en empêcher ... et je crois bien que je vais encore trouver autre chose !



C'est à l'âge de bronze que les premiers murs de terre ont été édifiés en Gaule méridionale, selon la méthode importée par les Hellènes et les Carthaginois. Les romains connaissaient le pisé mais lui préféraient la pierre, ils ont cependant exporté la technique en Europe du Nord et en Angleterre. Les Chinois ont aussi développé ce procédé et l'ont utilisé pour plusieurs tronçons de la Grande Muraille. Chez nous, le pisé semble avoir disparu au Moyen-Age, période de l'apogée du torchis, avant de connaître un renouveau aux 18ème et 19ème siècles, sous l'impulsion de François Cointeraux (1740-1830), un lyonnais, professeur d'architecture.
"Le pisé est un procédé d'après lequel on construit les maisons avec de la terre, sans la soutenir par aucune pièce de bois, et sans la mélanger de paille ni de bourre. Il consiste à battre, lit par lit, entre des planches, à l'épaisseur des murs ordinaires, de la terre préparée à cet effet. Ainsi battue, elle se lie, prend de la consistance, et forme un mélange homogène qui peut être élevé à toutes les hauteurs données pour les habitations"
En 1786, François Cointeraux élève sa première maison incombustible en pisé, ce qui lui vaut le premier prix de l'Académie d'Amiens, sur le moyen le plus simple et le moins dispendieux de prévenir et d'éviter les incendies dans les campagnes. Hélas une conjuration de maçons, charpentiers et marchands de bois détruira son modèle et le chassera d'Amiens. En 1789, il remporte le prix de la Société Royale d'Agriculture de Paris pour le plan d'une ferme incombustible. En 1808, il est appelé par Napoléon pour construire les premières casernes et maisons de Napoléon-Vendée, ville fondée de toute pièce par l'empereur, qui deviendra La-Roche-sur-Yon. Cointeraux a publié 35 titres qui seront traduits et diffusés dans toute l'Europe, aux USA, et en Australie.