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Des photos parce que j'aime ça, des commentaires intempestifs, parce que je ne peux vraiment pas m'en empêcher ... et je crois bien que je vais encore trouver autre chose !

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De la Fontaine, Jean

  Où l'on voit que l'eau coule sous les ponts...

            Fontaine-1.jpg

Le Loup, la Chèvre et le Chevreau

La Bique allant remplir sa traînante mamelle
Et paître l'herbe nouvelle,
Ferma sa porte au loquet,
Non sans dire à son Biquet :
Gardez-vous sur votre vie
D'ouvrir que l'on ne vous die,
Pour enseigne et mot du guet :
Foin du Loup et de sa race !
Comme elle disait ces mots,
Le Loup de fortune passe ;
Il les recueille à propos,
Et les garde en sa mémoire.
La Bique, comme on peut croire,
N'avait pas vu le glouton.
Dès qu'il la voit partie, il contrefait son ton,
Et d'une voix papelarde
Il demande qu'on ouvre, en disant Foin du Loup,
Et croyant entrer tout d'un coup.
Le Biquet soupçonneux par la fente regarde.
Montrez-moi patte blanche, ou je n'ouvrirai point,
S'écria-t-il d'abord. (Patte blanche est un point
Chez les Loups, comme on sait, rarement en usage.)
Celui-ci, fort surpris d'entendre ce langage,
Comme il était venu s'en retourna chez soi.
Où serait le Biquet s'il eût ajouté foi
Au mot du guet, que de fortune
Notre Loup avait entendu ?
Deux sûretés valent mieux qu'une,
Et le trop en cela ne fut jamais perdu.


 

Je n’ai jamais su pourquoi, mais c’était cette fable là, et pas une autre. Mais n’ayant pas forcément besoin de raison, je m’évertuais tous les soirs à la lire inlassablement à un petit bouchon d’à peine quelques années.

 

Cela c’est poursuivi pendant des mois et même des années, certainement plusieurs centaines de fois, et nous la connaissions par cœur toutes les deux. Je crois bien qu’elle restera gravée à jamais dans nos mémoires.

 

Bien entendu,  j’en avais parfois assez de répéter sans cesse les mêmes vers, et par chance, j’ai quand même  pu négocier d’autres lectures. Mais je n’y suis pliée sans peine, la complicité naissante qui a commencé à s’établir à ce moment là ne m’a jamais fait regretté ce sacrifice (parce qu’il arrivait que parfois, à une heure où j’avais souvent les paupières lourdes, c’en était vraiment un !).

 

 

Le simple fait de revoir ces mots me transporte des années en arrière, et pourtant c’était il y a plus de dix ans. Je crois que cette fable témoignera toujours d’un temps qui n’était pas forcément le meilleur, mais a coulé comme l’eau d’une fontaine et s’est désormais enfui. Un temps où étant toute occupée à bâtir ma vie, je ne me rendais pas compte que tout compte fait, tout en construisant les autres, je me construisais aussi moi-même.
Et c'est la seule chose qui compte vraiment.


Aprés tout, tant qu'on n'est pas à reculons...

 

Merci Monsieur de la Fontaine !

Fontaine-2.jpg

 

 



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E
Oooh...ça me replonge dans ces années paisibles...<br /> <br /> Super idée, j'adore...;)
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V
lol, t'as vu comment il assure grave ce La Fontaine ? Zarma !
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S
Foin du Loup et de sa race !<br /> <br /> C'est une chèvre de banlieue pour parler comme ça?<br /> "Ziva, chouf le loup, trop sa race lui, il est relou. Comment chui vener grave..."
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V
J'avais un disque quand j'étais pitchoune : "le loup et les sept biquets". Je me le passais en boucle, les petites voix chevrotantes des biquets me faisaient craquer.<br /> je ne savais pas que c'était tiré de La Fontaîne.
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O
Quelle jolie idée d'associer cette belle photo à un poète, en utilisant, en clin d'oeil ( toujours lui ), la similitude du nom. Et comme, en plus, il se rajoute l'émotion d'un souvenir personnel, c'est complet .<br /> Bravo l'Artiste.
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