Des photos parce que j'aime ça, des commentaires intempestifs, parce que je ne peux vraiment pas m'en empêcher ... et je crois bien que je vais encore trouver autre chose !
On ne peut pas toujours aller voir les belles choses... parfois il faut aller en voir des moins belles, pour se réinitialiser la vue... je dis moins belles, mais ça peut aussi être moches, voire carrément horribles.
Quand c'est gore, j'adore !
Là j'étais servie... des milliers d'êtres humains, réduits à leur plus maigre expression démontés et empilés dans des galeries interminables, les uns sur les autres en un jeu de construction macabre. Comme les tas de bois, quoi, en moins buccolique.
Prendre conscience du fait que ces murs n'étaient pas fait de cailloux, mais de gens (ou du moins ce qu'il en restait), en soi, c'était déja pas mal et particulièrement impressionnant.
Mais les concepteurs de cet endroit, qui ont peut être réalisé que tant de multitude pouvait faire perdre le sens de la réalité au pauvre visiteur ébouriffé et désorienté, ont estimé qu'il n'était pas inopportun d'en rajouter une couche, au cas où...
Ils ont donc complété le tableau par de très jolies plaques de marbre -pour rester dans le ton- affectées de plaisantes citations en latin pleines de badinage et d'allégresse, parfois même traduites en français par souci d'enseignement, sans doute. A moins que ce soit pour être sur que le quidam errant ait bien compris que là, ça rigole plus.
Face à tant de volonté de rendre encore plus lugubre un lieu qui, à la base, ne pouvait que être glauque et cafardeux, on aurait pu pensé qu'il était impossible de ne pas s'incliner. Comment imaginer que le pélerin aurait pu sortir autrement que dans le recueillement le plus total, en train de ramasser les miettes de son moral progressivement éffrité au gré de la promenade ?
Eh bien non !
Contre toute attente, certains mutins opiniâtres et empreints de bravoure, ont résistés et ont marqué leur résilience par des grimages délictueux de ces visages décharnés et desséchés, comme pour masquer la dramatique réalité.
Et la sinistrose devient tout d'un coup beaucoup plus légère.
J'en connais même qui sont sortis de là de joyeuse humeur, aussi incroyable que cela puisse paraître...