
Gisèle se promène tranquillement sur le parking d'une grande surface bien connue à l'Isle d'Abeau.
Comme elle le dit si bien, elle profite du grand air et de la belle nature.
Elle pousse inlassablement son caddie, rempli d'objets disparates d'un bout à l'autre du parking : des fripes, des bibelots, des boîtes...
Et, si vous passez par là, elle vous proposera peut être de lui acheter une de ces horreurs (c'est rien de le dire) contre quelques piécettes…
Gisèle a l’accent dauphinois, et elle parle doucement, et très poliment.
La première fois qu'elle m'a abordée, je lui ai bien sûr répondu que, ben nan, ça ne m'intéressait pas du tout... ...Elle m'a alors demandé si je n'avais pas quelque chose en trop dans mes provisions, et donc je me suis délestée d'une boite de cassoulet et d'un camembert.
Et puis je l’ai revue, toujours discrète, toujours avec son chariot, toujours avec ses choses innommables à vendre…
Gisèle vit chez une dame âgée qui l'héberge gentiment. Comme les enfants de cette personne ont du mal à accepter la présence de Gisèle, elle part tôt le matin et revient tard le soir, avec sa récolte de la journée. Elle ne profite de la générosité de cette personne que pour dormir sous un toit et prendre une douche.
Mais comme elle n’est plus toute jeune -bien qu’il soit difficile de lui attribuer un âge- on devine toute une vie tumultueuse qui par un tour de baguette magique et perverse l’a laissée sur le carreau.
Mais Gisèle ne s'ennuie pas sur le parking, les gens sont plutôt sympathiques, dit-elle.
Bon, à vue de nez, ce n'est pas ce que j'ai constaté tout de même... ou alors c'est quand je n'y suis pas. Il y en a peut être même qui attendent que j'ai le dos tourné pour s'essayer à un semblant de sourire...
Qu'est-ce qu'on peut être taquin, sur un parking de supermarché !
En tout cas, si vous la croisez, n'hésitez pas à partager un peu de vos emplettes. Elle aime le fromage, les tomates et le jambon.
Mais il faut que ça rentre dans son panier le soir quand elle rentre (en plus des horreurs) sans qu'elle ne risque d'écraser ou d’abîmer ces précieuses denrées... parce qu'elle ne veut pas gaspiller, au prix où sont les choses !
